
Le 8 septembre, Gallup a mis à jour ses estimations 2026 sur les médicaments GLP-1, et j'ai le sentiment que le secteur ne les a pas encore digérées, parce qu'en deux ans ce qui était un phénomène de niche est devenu une tranche de la population : aujourd'hui, un adulte américain sur neuf prend l'un de ces médicaments pour maigrir, et la courbe ne ralentit pas, d'autant que depuis cette année deux d'entre eux existent en comprimé aux États-Unis, ce qui offre une alternative à tous ceux que l'idée de la piqûre retenait jusqu'ici.
Les grandes enseignes l'ont compris depuis longtemps, et les chaînes qui ont monté un programme dédié à ces personnes se comptent désormais par dizaines. Le problème, c'est ce qui se passe dans tous les autres clubs, où la personne sous traitement reçoit exactement l'accueil de 2019, avec le tour des installations, le cours d'essai et les e-mails de bienvenue, avant de disparaître au printemps sans que personne à l'accueil sache expliquer pourquoi.
Une fois le traitement commencé, ils bougent moins, et sur le plateau personne ne le sait
L'étude à faire lire à vos coachs a été présentée en juin au congrès ENDO 2026, et elle a le mérite de mesurer des comportements plutôt que des intentions : les chercheurs ont pris les données Fitbit de 753 personnes obèses qui venaient de commencer un médicament GLP-1 et ont comparé les mois d'avant et d'après le début du traitement. Résultat, le nombre de pas quotidiens a reculé de plus de 500, et l'activité intense a baissé avec lui.
C'est une donnée qui renverse une certitude que le métier tient pour acquise depuis toujours, à savoir qu'une personne qui maigrit bouge forcément davantage. Dans cette étude, c'est l'inverse qui s'est produit, et ce n'est pas difficile à comprendre : le médicament coupe l'appétit et, selon toute vraisemblance, emporte une partie de l'énergie avec lui, si bien que la personne qui pousse la porte du club mange moins, bouge moins et regarde la balance descendre sans avoir levé le petit doigt.
Cela change le métier plus qu'il n'y paraît, parce que l'adhérent qui venait maigrir, celui autour duquel toutes les salles ont été construites, arrivait en surpoids, motivé et avec un appétit intact, et le travail du club consistait à lui fabriquer un déficit calorique. L'adhérent sous traitement a déjà son déficit, il est arrivé avec l'ordonnance, et le compteur de calories, qui reste la première chose que presque tous les clubs lui mettent sous les yeux, n'est donc plus l'argument qui permet de le convaincre.
Un quart de ce qu'ils perdent n'est pas de la graisse
Les recherches sur la composition corporelle des personnes sous traitement racontent toutes la même histoire, à savoir qu'une part importante du poids perdu, environ un quart, n'est pas de la graisse mais de la masse maigre. Préserver le muscle devient donc la priorité, et c'est pour cela que la littérature recommande au minimum deux ou trois séances de renforcement par semaine, avec davantage de protéines qu'une personne sans appétit n'a tendance à en manger.
C'est là que le club détient une carte que la pharmacie n'a pas, parce que l'appétit, c'est le médicament qui le coupe, mais le muscle, l'adhérent doit le construire lui-même, avec deux ou trois séances de force par semaine que quelqu'un doit programmer, corriger et faire progresser en charge. Ce quelqu'un, c'est le coach, et cet endroit, c'est la salle de musculation : aucun comprimé, et aucun écran, ne fait ce travail à sa place.
S'ils n'ont pas besoin de bouger pour maigrir, donnez-leur une autre raison
Il y a toutefois un problème qui vient avant le muscle, et c'est que pour faire trois séances par semaine il faut venir trois fois par semaine, or cette personne vient précisément de perdre la raison de le faire, puisque le poids descend même si elle reste chez elle. Le premier travail du club, avant même de programmer la force, consiste à lui donner une raison d'entrer.
Prenez un adhérent qui n'a pas fait de sport depuis dix ans et qui a perdu sept kilos en deux mois, et placez-le dans un classement trié par watts ou par allure : vous ne le reverrez pas une troisième fois, parce que pendant toute la séance, sur chaque écran de la salle, il a eu la confirmation qu'il était le dernier.
Ce n'est pas une raison pour éteindre les écrans, mais pour y afficher un chiffre que cet adhérent peut vraiment gagner. Les zones de fréquence cardiaque ramènent l'effort à la personne, ce qui veut dire que pour un débutant une marche rapide en pente est une séance exigeante à tous points de vue, et qu'un écran qui note l'effort plutôt que la performance lui renvoie, dès le premier jour, un score qui est vraiment le sien et qui est honnête.
L'essentiel, c'est que si le poids descend de toute façon, la séance doit valoir le coup pour autre chose, et un système de points est le moyen le moins coûteux qu'un club ait de lui donner cette autre chose : des points pour les minutes passées dans ses propres zones, une série hebdomadaire qu'au bout d'un moment on n'a plus envie de casser, un statut qui monte avec l'effort accumulé et une équipe qui remarque quand on ne vient plus forment, mis bout à bout, une raison de venir qui n'a plus rien à voir avec le chiffre de la balance du matin.
Le jeu doit toutefois durer plus longtemps que l'événement, parce que les challenges à durée limitée font monter la fréquentation tant qu'ils durent et la ramènent à son niveau d'avant dès qu'ils s'arrêtent, comme l'a montré une étude parue cette année sur un challenge de huit semaines. La baisse, en revanche, était moins marquée chez ceux qui disaient s'entraîner aussi parce qu'ils y prenaient plaisir, et c'est la raison pour laquelle il vaut mieux garder statuts et séries ouverts toute l'année plutôt que relancer un énième challenge avec une ligne d'arrivée au bout.
Si cette habitude prend, le reste suit : celui qui vient trois fois par semaine pour défendre sa série est la personne à qui le coach peut mettre une barre entre les mains, et les séances de force cessent d'être une recommandation pour devenir une partie de la routine. En prime, l'entraînement lui remonte le moral précisément les semaines où le médicament lui a enlevé l'appétit et, probablement, l'énergie avec.
L'écran UPTIVO fait exactement cette partie du travail, avec les wearables que les adhérents ont déjà au poignet : l'effort se mesure par rapport à la capacité de chacun, si bien que quelqu'un qui a commencé son traitement il y a deux mois et le plus affûté de la salle peuvent suivre le même cours, cumuler des Uptivo Performance Points sur la même échelle et repartir tous les deux avec un score qui vaut quelque chose ; et avec SNAP, tout cela tourne sur les écrans que vous avez déjà au mur. Il faut le dire clairement : la fréquence cardiaque mesure l'effort dans les cours et les formats mixtes, pas les charges soulevées ; son rôle est de faire revenir l'adhérent, et ce qu'il fait une fois à l'intérieur, force comprise, c'est le coach qui en décide.
Deux sur trois arrêtent le médicament dans l'année, et un abonnement devrait durer plus longtemps
Il y a un chiffre que le secteur cite rarement, c'est que parmi les patients sans diabète de type 2, près de deux sur trois arrêtent le traitement en moins d'un an, selon une étude publiée dans JAMA Network Open, et que la plupart ne le reprennent pas. Ces médicaments sont pourtant conçus pour le long terme, mais dans les faits beaucoup s'arrêtent, et les mois qui suivent la dernière dose sont ceux où un club gagne ou perd cet adhérent pour les années suivantes. La partie se décide sur ce qui s'est passé avant : celui qui est devenu plus fort entre-temps et appelle son coach par son prénom a une raison de revenir, tandis que celui qui n'a rapporté chez lui qu'un chiffre plus bas sur la balance disparaît le jour même où le médicament s'arrête.
Cela change aussi la lecture des présences, parce que la motivation de cet adhérent suit le cycle du traitement et non les mois de l'abonnement : si au deuxième mois les visites s'espacent, parce que les effets secondaires se font sentir ou que le renouvellement de l'ordonnance a pris du retard, c'est le moment de l'appeler, pas celui d'attendre. Ma conviction, après des années passées à regarder les données des clubs, c'est que les adhérents qui résilient sont presque toujours ceux que personne ne suivait, et avec ce groupe l'avantage est que les signaux arrivent tôt et se voient très bien dans les chiffres.
Nous avons construit DASH pour que cet appel ait vraiment lieu au lieu de dépendre de la mémoire de quelqu'un : chaque adhérent reçoit un score de risque de départ calculé sur les présences et l'activité d'entraînement, avec les priorités déjà classées, ce qui permet à un coach de suivre cent personnes au lieu d'une douzaine et de repérer les adhérents sous traitement quand il reste encore des semaines pour les rattraper. C'est aussi là qu'on voit si les séances de force prévues ont vraiment lieu ou si l'adhérent s'est arrêté aux cours.
Tout le monde veut vendre le médicament, presque personne ne s'occupe de l'après
Les grandes chaînes américaines avancent dans deux directions : certaines ont mis la musculation au centre de leurs programmes pour les adhérents sous traitement, d'autres ont signé avec des plateformes de télémédecine pour revendre à leurs adhérents l'accès au médicament lui-même.
Un accord de télémédecine, pourtant, n'importe qui peut le signer, et au mieux il garantit la première cotisation. Ce qui compte bien davantage, c'est d'être le club où, quand le médicament change ou s'arrête, il reste une personne qui a construit de la force, une habitude et une relation avec son coach, parce que cela vaut des années d'abonnement de la part de gens qui ont déjà montré qu'ils dépensent pour leur santé.
Rien de tout cela n'oblige à devenir une clinique. Il faut accueillir ces adhérents en gardant à l'esprit que leur corps change vite, leur donner avant toute chose une raison de venir puis mettre la force au premier plan, et il faut surtout quelqu'un qui, pendant les quatre-vingt-dix premiers jours, décroche vraiment le téléphone, parce que c'est ainsi qu'au treizième mois cet adhérent est toujours là, bien après la dernière ordonnance.
Sources
Gallup, In U.S., GLP-1 Usage Reaches New High
Endocrine Society, Exercise decreases among people taking GLP-1 medication
Athletech News, More Gyms Are Integrating GLP-1s Into Their Offerings, Report Finds
