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Écrit par

Fabrizio Colciago

Et si l'interface de votre prochain logiciel de gestion s'appelait ChatGPT, Claude ou Grok ?

Et si l'interface de votre prochain logiciel de gestion s'appelait ChatGPT, Claude ou Grok ?

Le gérant d'une salle consulte son smartphone à l'accueil tandis qu'un schéma holographique relie « Your AI agent » à UPTIVO, à la banque, à la vidéosurveillance et au contrôle d'accès

Les grands éditeurs de logiciels pour le fitness tiennent désormais tous le même discours : basculez l'ensemble de votre club sur notre plateforme et laissez notre IA le faire tourner à votre place. Chez UPTIVO, nous y voyons le dernier chapitre du monde d'avant l'IA, et nous avons bâti notre propre plateforme à rebours de cette logique, ouverte au niveau des appareils, des données et des agents IA, avant même que l'IA ne rende la question pressante.

Ces derniers mois ont montré jusqu'où le modèle fermé a déjà été poussé. Playlist, maison mère de Mindbody, de ClassPass et d'EGYM, a enchaîné depuis juillet trois lancements de produits d'IA destinés aux exploitants, à commencer par un accueil assuré par l'IA 24 h/24 et 7 j/7.

Le 22 septembre, le groupe a ajouté AI Insights, une couche d'analyse qu'il présente comme « propulsée par l'un des plus grands systèmes d'exploitation du fitness et du bien-être au monde ». Ces outils rendent service, mais ils sont pensés pour que l'IA ne voie que ce qui se trouve à l'intérieur de la suite de l'éditeur.

Les suites fermées greffent l'IA sur une vieille logique de captivité

Quand une même société détient les réservations, les paiements, les données des équipements et l'application des adhérents, ses modèles peuvent croiser l'ensemble de ces informations, et les clubs ont de plus en plus de mal à en sortir.

La bataille des données, elle, est déjà engagée. En juin 2025, Salesforce a modifié les conditions d'utilisation de l'API de Slack pour empêcher les applications tierces de stocker ou d'indexer les messages sur le long terme, une décision qui a frappé de plein fouet des sociétés d'IA comme Glean.

Une IA qui ne voit qu'une partie des données répondra de façon approximative

Il est courant qu'un club indépendant gère les réservations et la facturation dans un logiciel, le contrôle d'accès dans un deuxième, l'entraînement basé sur la fréquence cardiaque dans un troisième, le marketing automatisé dans un CRM et la comptabilité ailleurs encore, chaque outil ayant été retenu parce qu'il était le meilleur dans son domaine.

Une IA intégrée au logiciel de réservation voit bien qu'une adhérente réserve toujours deux cours par semaine, mais elle ne peut pas savoir que cette adhérente fait depuis un mois des séances avec ceinture cardio de plus en plus courtes, ni qu'elle a cessé en août d'ouvrir les e-mails du club, car ces informations se trouvent dans des systèmes auxquels l'IA n'a jamais eu accès.

Le système d'exploitation du club sera une IA choisie par le club lui-même, et non par son éditeur

Nous ne sommes pas les seuls à le penser. Satya Nadella, PDG de Microsoft, a décrit les logiciels d'entreprise comme des bases de données coiffées d'une logique métier, et prédit que cette logique migrerait vers les agents IA. Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI, évoque quant à lui depuis longtemps un « système d'exploitation LLM », dans lequel le modèle orchestre outils et données comme un système d'exploitation orchestre le matériel.

Dans une salle de sport, cela veut dire que le club disposera de son propre agent orchestrateur, ChatGPT, Claude, Grok ou celui qui leur succédera, chargé de coordonner des agents plus spécialisés sur l'ensemble de ses systèmes : le compte bancaire et les états destinés à l'expert-comptable, les réservations, le contrôle d'accès, les caméras, le personnel et l'entraînement. Le choix de cet agent revient au club, pas à l'éditeur.

Les briques techniques sont déjà là. Les agents savent de mieux en mieux exploiter directement une API bien documentée, et le Model Context Protocol, standard ouvert né chez Anthropic et désormais soutenu par les grands acteurs de l'IA, permet au gérant de les connecter simplement, avec ses identifiants, et de définir ce qu'ils ont le droit de faire.

Dans un tel monde, la richesse fonctionnelle d'un logiciel pèse bien moins que son degré d'ouverture. Chaque éditeur devra échanger des données en temps réel et laisser l'agent du club les consulter et s'en servir pour agir. Une suite fermée devient alors un mur que l'agent doit contourner, tandis qu'une plateforme ouverte s'intègre à l'intelligence du club.

UPTIVO donne à l'IA des yeux et des mains dans la salle

Aussi performant soit-il, un agent n'a ni yeux ni mains une fois dans la salle. Il ignore qui se donne à fond sur le plateau en ce moment même, il ne peut ni allumer l'écran du cours ni débloquer un tourniquet, et c'est précisément sur ce terrain qu'UPTIVO travaille depuis des années.

L'ouverture commence par les adhérents, qui s'entraînent avec les wearables qu'ils ont déjà, qu'il s'agisse d'une Apple Watch, d'une Garmin, d'une Polar, d'un Whoop ou de n'importe quelle ceinture cardio Bluetooth standard. Le club ne les enferme ainsi jamais dans une seule marque de capteurs.

Elle passe ensuite par les données. UPTIVO propose une API REST décrite par une spécification OpenAPI 3, avec des webhooks qui remontent en temps réel les événements du club. Sa documentation est publique sur developers.uptivo.fit, où la spécification peut être téléchargée et lue aussi bien par un développeur que par un assistant IA. L'ensemble a été conçu pour fonctionner en complément du logiciel de gestion déjà en place dans le club, sans chercher à le remplacer.

Cette même API alimente notre application Zapier, qui compte 25 déclencheurs, 16 actions et 28 recherches et relie UPTIVO à plus de 9 000 applications et CRM sans la moindre ligne de code.

Elle ouvre enfin la porte aux agents. UPTIVO figure déjà dans l'annuaire MCP de Zapier, si bien qu'un gérant peut, dès aujourd'hui, autoriser un assistant comme Claude à réserver un cours, à créer ou inviter un athlète, ou encore à consulter les données d'entraînement de ses athlètes.

On peut alors poser un nouveau type de questions. Un gérant peut demander à son assistant quels adhérents ont continué à réserver ce mois-ci alors que l'intensité de leurs séances baissait, ce qui suppose de croiser le planning et les données de fréquence cardiaque. Quant au score de risque de désabonnement d'UPTIVO DASH, il peut alimenter le CRM que le club utilise déjà au lieu de rester cantonné dans un énième silo.

Même bien conçue, l'ouverture a besoin de règles

S'ouvrir ne veut pas dire remettre à un agent les clés de toute la maison. Les données bancaires et les images de vidéosurveillance, notamment, relèvent des règles de confidentialité les plus strictes et appellent donc les autorisations les plus restrictives.

La bonne méthode consiste à traiter l'IA comme on traiterait un salarié, avec un rôle défini et un accès limité à ce qu'exige ce rôle. Pour la vidéosurveillance, l'analyse des images reste l'affaire de systèmes spécialisés. Des plateformes cloud comme MN CloudSight, de March Networks, analysent la vidéo et signalent des événements tels qu'une issue de secours bloquée ou une intrusion dans une zone à accès restreint, et l'agent du club travaille sur ces alertes, pas sur les images.

Même logique pour les données d'entraînement. NATE, notre solution de coaching par IA, analyse les séances, la récupération et l'évolution de chaque adhérent dans un périmètre d'autorisation plus restreint, avec le consentement explicite qu'impose le RGPD, et l'agent du club peut s'appuyer sur ses synthèses plutôt que sur des données de santé brutes.

Pour démarrer, mieux vaut s'en tenir à un accès en lecture seule, à une courte liste d'actions autorisées et à une personne chargée de vérifier les propositions de l'agent avant que quoi que ce soit n'arrive jusqu'à un adhérent.

Cinq questions à poser à tout éditeur avant le prochain renouvellement

Demandez d'abord si l'API est réellement publique, avec une documentation accessible à tous, ou si son utilisation passe par une invitation ou un accord de l'éditeur, qui reste alors seul juge de qui y a accès. Demandez aussi si le système transmet les événements par webhook ou s'il faut l'interroger en permanence, et si les appels à l'API sont facturés à l'usage.

Vérifiez ensuite si le produit est dès aujourd'hui accessible aux assistants IA, via Zapier ou MCP, et si vous pouvez exporter l'historique complet d'un adhérent dans un format exploitable par un autre système. Si la plupart des réponses sont négatives, c'est qu'on vous vend un mur orné d'une enseigne IA rutilante.

Les grandes suites continueront d'ajouter de l'IA fermée derrière leurs murs. Mais un club reste une entreprise comme une autre : s'il veut un assistant capable d'avoir une vision complète de chaque adhérent, il doit choisir des systèmes qui lui ouvrent leurs données, la voie qu'UPTIVO a empruntée dès le départ.

Sources

Playlist, Playlist Launches AI Insights, Giving Operators a Best-in-Class Intelligence Layer

Outlook Business, Microsoft CEO Satya Nadella Reveals How AI Agents Will Disrupt SaaS Models

CX Today, Salesforce Blocks Competitors from Using Slack Data: So What?